THAILANDE L'économie

Point sur l'économie thaïlandaise
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Un pôle économique régional

Depuis 2001, le Produit intérieur brut (PIB) de la Thaïlande enregistre des taux de croissance particulièrement soutenus : 4,5% en 2005 5,0% en 2006 et 4,8% en 2007. La croissance prévisionnelle du PIB pour 2008 est d'environ 5%. Le dynamisme de l'économie thaïlandaise repose sur une demande interne robuste (consommation et investissements privés), qui la rend moins sensible que certains de ses voisins aux à-coups de la demande mondiale. Ces bonnes performances ont permis au royaume de s'affirmer comme puissance économique régionale.

L'industrie exportatrice est la locomotive économique du pays : la Thaïlande est particulièrement compétitive dans l'industrie agroalimentaire, le tourisme et certaines activités électroniques ; elle attire également de nombreuses multinationales qui se servent de leur filiale thaïlandaise comme base d'exportation régionale voire mondiale.
Cependant, la forte appréciation de la monnaie locale devrait peser sur la croissance économique de 2007.

Grâce à un pilotage fin de sa politique économique, le précédent gouvernement a largement contribué aux performances actuelles. Selon une stratégie baptisée " dual track " (la voie double), il ajustait son soutien en fonction de la conjoncture internationale : en période de ralentissement, les dépenses publiques soutiennent la consommation ; en période plus favorable, le rythme des dépenses diminue et le gouvernement peut s'attaquer aux réformes plus structurelles. Cette politique a été rendue rendue possible par l'assainissement des finances publiques : l'élargissement de la base fiscale conjugué à l'augmentation naturelle des revenus (du fait de la conjoncture) a permis au royaume de mettre un terme au déficit budgétaire dès 2003.
Pour atténuer l'impact du ralentissement de 2005, les autorités avaient mis sur pied un vaste programme d'investissements publics destiné à moderniser en profondeur les infrastructures du pays. Outre un effet positif pour la croissance, ces projets vont naturellement créer de nombreuses opportunités d'affaires. Toutefois, certains de ces projets ont été gelés ou reportés du fait du coup d'état perpétré en septembre 2006.

 


Tirer profit de la dynamique régionale

La Thaïlande a adopté une approche des plus pragmatiques face à la mondialisation. Elle en est partie intégrante et participe activement aux débats au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais afin de consolider son positionnement commercial, le royaume s'est parallèlement engagé dans plusieurs projets régionaux ambitieux qui commencent à porter leurs fruits :

- Au sein de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), elle a été la première à démanteler ses barrières tarifaires conformément à ses engagements. L'Afta, ou zone de libre-échange de l'Asean, devient une réalité qui a déjà permis le formidable essor des flux commerciaux intra-régionaux. En moyenne, la Thaïlande impose déjà des droits de douane inférieurs à 5% sur les produits importés de l'Asean ; d'ici 2010, ces droits seront totalement supprimés. Les produits exportés depuis la Thaïlande à destination de ses principaux partenaires d'Asie du Sud-Est bénéficient des mêmes avantages.

- La Thaïlande a entrepris un rapprochement économique accéléré avec ses voisins de la Sous-région du Grand Mékong (Birmanie, province chinoise du Yunnan, Laos, Cambodge, Vietnam). Cette initiative a donné naissance à plusieurs centaines de projets bi- ou multilatéraux couvrant tous les secteurs d'activités et auxquels les autorités cherchent à associer des investisseurs ou exportateurs étrangers.

- Simultanément, la Thaïlande s'efforce de libéraliser son commerce avec les principales puissances économiques. Un traité de libre-échange est ainsi en vigueur avec la Chine depuis octobre 2003 et d'autres ont été signés plus récemment avec l'Inde, l'Australie et le Japon.

En plus du cadre de vie exceptionnel qu'elle offre, la Thaïlande consolide ainsi sa position privilégiée en Asie. Elle procure le double avantage d'un marché intérieur considérable (plus de 60 millions d'habitants, un revenu par habitant supérieur à 2500 $) et d'une ouverture unique sur l'ensemble du marché asiatique.


Analyse du risque : qu'est-ce qui a changé depuis 1997 ?

De par son ampleur et le nombre de nations touchées, la crise de 1997 a marqué les esprits. Mais il est peu d'exemples, dans l'histoire économique contemporaine, de pays comme la Thaïlande, ayant subi une si sévère contraction (récession de 10,5% en 1998, dépréciation du baht de près de 50%) et renouant pourtant avec une dynamique de croissance soutenue quatre ans plus tard. Pour comprendre les raisons d'un rattrapage si rapide, il faut se souvenir que la crise asiatique était essentiellement à caractère financier. Si le système bancaire a été réellement sinistré, le secteur productif n'a souffert de la crise que dans la mesure où il était exposé au risque de change.

La situation, à cet égard, a indiscutablement changé, réduisant considérablement le risque de crise systémique :

- Un régime de changes mixte a été mis en place depuis la crise.
Le baht flotte désormais par rapport aux autres monnaies et sa valeur est fixée par le marché. Toutefois, l'évolution du cours de la devise thaïlandaise est relativement protégée des comportements spéculatifs grâce aux interventions correctrices de la banque centrale et grâce à un contrôle partile des capitaux (ces restrictions ne visent que les opérations financières à caractère spéculatif, les transactions commerciales et les flux d'investissement direct ont été largement libéralisés).

- La politique de taux bas menée par la banque centrale dès 1998 a permis aux opérateurs privés de re-financer localement la dette contractée à l'étranger.
Ainsi, la dette externe est passée de 93% du PIB en 1998 à 27,5% fin 2006, ratio jugé très satisfaisant par les institutions financières internationales. L'effort de désendettement a été particulièrement marqué dans le secteur privé, ce qui permet désormais aux entreprises d'être peu exposées au risque de change.

- Le secteur bancaire a été assaini.
De nombreux établissements ont disparu ou fusionné, réduisant à treize le nombre des banques commerciales. Depuis, avec le retour des bénéfices, de nouvelles alliances et fusions ont été réalisées.

- Un nouveau risque ?
Le risque politique est réapparu en Thaïlande avec le coup d'état perpétré par une partie de l'armée en septembre 2006. Depuis, une nouvelle constitution a été adoptée par référendum et des élections nationales ont été tenues fin 2007. La situation politique devrait se normaliser en 2008 mais le risque d'un nouveau coup d'état ne peut être totalement écarté.

- Les sources de financement pour les entreprises se sont diversifiées.
Exclusivement dépendantes, jusqu'à la crise, des prêts bancaires, les entreprises peuvent aujourd'hui lever directement des fonds sur les marchés de capitaux (bourse, marché obligataire), lesquels connaisent un développement particulièrement rapide depuis ces dernières années.

Un cadre macroéconomique porteur et l'assainissement en grande partie réussi des structures microéconomiques ont permis une formidable amélioration du risque thaïlandais, au point que les agences internationales de notation (Standard & Poor's ou Moody's) réévaluent régulièrement la note du royaume. La Thaïlande s'affirme désormais comme l'un des pays émergent les plus dynamiques sur la scène économique internationale. Pour relever ce défi, le pays doit encore consentir d'importants investissements et faire appel à l'expertise étrangère dans de très nombreux domaines.

Thailand Focus peut vous aider à saisir ces opportunités !


 

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