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L'industrie
exportatrice est la locomotive économique du pays : la Thaïlande est particulièrement
compétitive dans l'industrie agroalimentaire, le tourisme
et certaines activités électroniques ; elle attire
également de nombreuses multinationales qui se servent de
leur filiale thaïlandaise comme base d'exportation régionale
voire mondiale.
Cependant, la forte appréciation de la monnaie locale devrait peser sur la croissance économique de 2007.
Grâce
à un pilotage fin de sa politique économique, le précédent
gouvernement a largement contribué aux performances actuelles.
Selon une stratégie baptisée " dual track "
(la voie double), il ajustait son soutien en fonction de la conjoncture
internationale : en période de ralentissement, les dépenses
publiques soutiennent la consommation ; en période plus favorable,
le rythme des dépenses diminue et le gouvernement peut s'attaquer
aux réformes plus structurelles. Cette politique a été
rendue rendue possible par l'assainissement des finances publiques
: l'élargissement de la base fiscale conjugué à
l'augmentation naturelle des revenus (du fait de la conjoncture)
a permis au royaume de mettre un terme au déficit budgétaire
dès 2003.
Pour atténuer l'impact du ralentissement de 2005, les autorités
avaient mis sur pied un vaste programme d'investissements publics
destiné à moderniser en profondeur les infrastructures
du pays. Outre un effet positif pour la croissance, ces projets
vont naturellement créer de nombreuses opportunités
d'affaires. Toutefois, certains de ces projets ont été
gelés ou reportés du fait du coup d'état perpétré
en septembre 2006.

Tirer profit de la dynamique
régionale
La
Thaïlande a adopté une approche des plus pragmatiques
face à la mondialisation. Elle en est partie intégrante
et participe activement aux débats au sein de l'Organisation
mondiale du commerce (OMC). Mais afin de consolider son positionnement
commercial, le royaume s'est parallèlement engagé
dans plusieurs projets régionaux ambitieux qui commencent
à porter leurs fruits :
- Au
sein de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean),
elle a été la première à démanteler
ses barrières tarifaires conformément à ses
engagements. L'Afta, ou zone de libre-échange de l'Asean,
devient une réalité qui a déjà permis
le formidable essor des flux commerciaux intra-régionaux. En moyenne, la Thaïlande impose déjà des droits de douane inférieurs à 5% sur les produits importés de l'Asean ; d'ici 2010, ces droits seront totalement supprimés. Les produits exportés depuis la Thaïlande à destination de ses principaux partenaires d'Asie du Sud-Est bénéficient des mêmes avantages.
- La
Thaïlande a entrepris un rapprochement économique accéléré
avec ses voisins de la Sous-région du Grand Mékong
(Birmanie, province chinoise du Yunnan, Laos, Cambodge, Vietnam).
Cette initiative a donné naissance à plusieurs centaines
de projets bi- ou multilatéraux couvrant tous les secteurs
d'activités et auxquels les autorités cherchent à
associer des investisseurs ou exportateurs étrangers.
- Simultanément,
la Thaïlande s'efforce de libéraliser son commerce avec
les principales puissances économiques. Un traité
de libre-échange est ainsi en vigueur avec la Chine
depuis octobre 2003 et d'autres ont été signés
plus récemment avec l'Inde, l'Australie et le Japon.
En
plus du cadre de vie exceptionnel qu'elle offre, la Thaïlande
consolide ainsi sa position privilégiée en Asie. Elle
procure le double avantage d'un marché intérieur considérable
(plus de 60 millions d'habitants, un revenu par habitant supérieur
à 2500 $) et d'une ouverture unique sur l'ensemble du marché
asiatique.

Analyse du risque : qu'est-ce
qui a changé depuis 1997 ?
De
par son ampleur et le nombre de nations touchées, la crise
de 1997 a marqué les esprits. Mais il est peu d'exemples,
dans l'histoire économique contemporaine, de pays comme la
Thaïlande, ayant subi une si sévère contraction
(récession de 10,5% en 1998, dépréciation du
baht de près de 50%) et renouant pourtant avec une dynamique
de croissance soutenue quatre ans plus tard. Pour comprendre les
raisons d'un rattrapage si rapide, il faut se souvenir que la crise
asiatique était essentiellement à caractère
financier. Si le système bancaire a été réellement
sinistré, le secteur productif n'a souffert de la crise que
dans la mesure où il était exposé au risque
de change.
La
situation, à cet égard, a indiscutablement changé,
réduisant considérablement le risque de crise systémique
:
- Un
régime de changes mixte a été mis en place
depuis la crise.
Le baht flotte désormais par rapport aux autres monnaies
et sa valeur est fixée par le marché. Toutefois, l'évolution
du cours de la devise thaïlandaise est relativement protégée
des comportements spéculatifs grâce aux interventions
correctrices de la banque centrale et grâce à un contrôle partile des capitaux (ces restrictions ne visent que les opérations financières à caractère spéculatif, les transactions commerciales et les flux d'investissement direct ont été largement libéralisés).
- La
politique de taux bas menée par la banque centrale dès
1998 a permis aux opérateurs privés de re-financer
localement la dette contractée à l'étranger.
Ainsi, la dette externe est passée de 93% du PIB en 1998
à 27,5% fin 2006, ratio jugé très satisfaisant
par les institutions financières internationales. L'effort
de désendettement a été particulièrement
marqué dans le secteur privé, ce qui permet désormais
aux entreprises d'être peu exposées au risque de change.
- Le
secteur bancaire a été assaini.
De nombreux établissements ont disparu ou fusionné,
réduisant à treize le nombre des banques commerciales.
Depuis, avec le retour des bénéfices, de nouvelles
alliances et fusions ont été réalisées.
- Un
nouveau risque ?
Le risque
politique est réapparu en Thaïlande avec le coup d'état
perpétré par une partie de l'armée en septembre
2006. Depuis, une nouvelle constitution a été adoptée
par référendum et des élections nationales ont été tenues fin 2007. La situation politique devrait se
normaliser en 2008 mais le risque d'un nouveau coup d'état
ne peut être totalement
écarté.
- Les
sources de financement pour les entreprises se sont diversifiées.
Exclusivement dépendantes, jusqu'à la crise, des
prêts bancaires, les entreprises peuvent aujourd'hui lever
directement des fonds sur les marchés de capitaux (bourse,
marché obligataire), lesquels connaisent un développement particulièrement
rapide depuis ces dernières années.
Un
cadre macroéconomique porteur et l'assainissement en grande
partie réussi des structures microéconomiques ont
permis une formidable amélioration du risque thaïlandais,
au point que les agences internationales de notation (Standard &
Poor's ou Moody's) réévaluent régulièrement
la note du royaume. La Thaïlande s'affirme désormais comme l'un des pays émergent les plus dynamiques sur la scène économique internationale. Pour relever ce défi, le pays doit encore consentir d'importants investissements et faire appel à l'expertise étrangère dans de très nombreux domaines.
Thailand Focus peut vous aider à saisir ces opportunités !

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